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le 26/05/2009

 
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Interview d'un constructeur amateur

Ce constructeur amateur s'appelle Pierre Renault
Il a bien gentillement accepté de répondre à nos quelques questions ce 24/10/2006.  (Cette interview a été réalisée en vidéo conférence)


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Snapy I
Peux-tu me faire une brève présentation, tes débuts, … ?
Mes débuts, c’étaient avec Dominique Chollou, j’avais envie de voir çà.  J’avais vu des choses voler à la télé, sur des articles et ça m’a donné très envie de faire de même.  J’étais donc en relation avec Domique Chollou qui m’a fait ma formation, formation qui fût tout à fait agréable et très rapide d’ailleurs, je crois que j’ai été mis en vol le premier weekend.  Cela m’a tout de suite plu. 
La première fois que je me suis retrouvé dans le ciel avec ce moteur derrière, accroché à ma voile, il y avait un coucher de soleil, c’était magnifique.  Je suis tombé sous le charme.  J’ai donc acheté très rapidement ma première voile et mon premier paramoteur à Dominique.  Je lui suis reconnaissant de ses bons conseils.
J’ai donc ensuite utilisé cette machine, qui m’a plu, elle était bien conçue. Moi qui suis de formation ingénieur, j’avais toujours de petites choses qui m’interpellaient puisque c’était une machine puissante, mais lourde (un zanzoterra), j’avais envie de changer.  J’avais pas vraiment les moyens et cela m’embêtait d’affecter le coût sur le budget familial.  Je me suis dit , je vais me mettre en route pour construire ma propre machine parce que j’avais déjà construit pas mal de choses au titre de prototype et puis à partir de là j’ai commencé à faire les plans.  C’est mon métier aussi, je suis formateur en CAO (Conception Assistée par Ordinateur)
Comment t’es venue l’idée de construire toi-même ?
J’ai déjà commencé à te répondre à cette question dans ma réponse précédente.  Je rajouterai, parce que

j’avais envie de faire une machine plus performante, plus légère, parce que j’avais mal au dos.  Je voulais une machine répondant aux techniques qui étaient les miens. A partir de là, j’ai commencé à dessiner quelque chose qui me plaisait.  Mon projet a donc vu le jour sous la forme numérique dans un premier temps, ensuite, j’ai commencé à acheter du tube, plier du tube,… Venait ensuite le choix du moteur.  A l’analyse des moteurs, j’avais trouvé que le Snap était certainement le meilleur des moteurs.  Au niveau des 100cc c’est un des moteurs les mieux fini.  J’ai donc récolté les plans du Snap auprès du constructeur et j’ai fabriqué numériquement mon appareil  de A à Z. 
D’abord, tout était numérique !
Quelles sont les avantages de la construction amateur ?
 

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Snapy I

Les avantages, c’est déjà de pouvoir faire une machine à son goût, avec ses choix, avec sa masse et avec son type de poussée, de choisir son hélice, de choisir tout le matériel technique qui va être là et de faire une machine tout à fait rationnelle. Ce qui est un peu oublié par les constructeurs qui eux font une machines à tendance polyvalente et qui peu aller à tout le monde.  Donc moi ma machine je l’ai faite sur mesure, ça c’est un des gros avantage de la construction amateur puis après, c’est très agréable de bricoler, de construire quand on y prend du plaisir.  C’est assez génial de faire son petit bébé.
Quels sont les inconvénients ?
Les inconvénients, c’est surtout que ça prend du temps.  Quand on vit une passion, quand on aime bien faire quelque chose à soi, le temps est quelque chose de compressible et en même temps c’est aussi un loisir.  Je me suis orienté sur ce loisir et j’ai fait ma toute première machine qui s’appelait le Snapy I.  Il était léger, j’avais réussi à faire une machine de 23 kg à sec avec des cannes, avec la rigidité que je voulais.  J’avais commencé aussi à faire un premier proto sur base d’un kit que j’avais eu chez Parateam, des copains qui avait un club dans l’aines, au nord de la France.   Je faisais cela le soir dans mon petit atelier au fond du jardin et c’est comme cela que la machine a vu le jour.  Après les premiers essais de la première machine, j’étais très satisfait du résultat.  J’avais un domaine de vol qui avait augmenté dans des proportions terribles, je n’avais plus mal au dos en portant cette énorme machine que j’avais avant qui était un Zanzoterra.  J’avais des performances nettement supérieures avec la même voile.  En conclusion, des inconvénients, j’en vois pas énormément mis à part le temps.
Cela revient-il moins chère de construire soi-même ?
Si l’on fait abstraction du temps que l’on y passe, c’est moins couteux mais dans des proportions assez faibles.  Globalement ça revient au ¾ du prix d’une machine normale parce que d’abord on la fignole beaucoup, on y met de petits accessoires à soi, on achète la matière à tarif, je dirais de particulier.  Je n’achète donc pas en quantité.  Je ne peux pas faire les mêmes marges que font les constructeurs.  Globalement, si un moteur est vendu sur le marché à 4000 euros, pour une qualité peut-être supérieure, on arrive à un coût d’environ 3000 euros.
Quelles sont les différences entre tes modèles Snapy I et II ?
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Snapy II
Essentiellement, j’ai réussi à gagner encore 1 kg.  J’ai fait un petit peu plus de finition. J’ai utilisé des composants un peu moins chère parce que j’ai trouvé un fournisseur d’hélice en Thaïlande tout à fait intéressant avec lequel j’ai fignolé une hélice qui allait bien pour le Snap.  Je lui achète aussi les sellettes à un prix intéressant.  J’achète celle-çi au alentour de 200 euros.  Les différences techniques sont surtout au niveau des cannes.  Principe de  cannes fixes mais à géométrie variable c'est-à-dire qu’elles sont tout à fait paramétrables.  Je peux maintenant les régler pour contrer intégralement le couple de la machine.
Ce système de cannes était plus léger déjà puisque ce n’était pas des cannes en inox mais en aluminium.  La section a augmenté.  Le système d’accroche aussi beaucoup moins chère, puisque j’ai trouvé des pièces du commerce en l’occurrence chez Radiospare. 
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Snapy II - En poussée
J’avais quand même un doute quand à la résistance.  C’est un ami belge, en l’occurrence, Jean-Marie Blairon qui m’a aidé à calculer ces cannes et à faire une évaluation tout à fait pertinente des poussées et des tractions.  On arrivait à des G largement supérieur à ce que l’on a pour habitude de supporter dans l’usage.
Il y a des solutions techniques beaucoup plus intéressantes et plus légère en ce qui concerne le Snapy II.  Ce qui fait que je suis descendu à une masse de 21,700kg pour des compétences tout à fait intéressantes et avec un niveau de sécurité qui me convient parfaitement.  Je ne me satisfais pas du niveau de sécurité de certaines machines du commerce.  Je préfère un système d’accroche rigide pour plus de stabilité.  Mon système de réglage de cannes, permet d’avancer, reculer, pivoter.   Quand je les ai fixées dans une position, ça donne une stabilité en vol tout à fait intéressante.  J’ai donc une machine légère par rapport au cahier des charges que je m’étais proposé.
Nous avons entendu parler d’un projet Snapy III, d’un pm au gaz et d’un PM électrique, est-ce exact ?
Vous avez entendu parler du projet Snapy III.  Le Snapy III sera toujours avec un moteur thermique.  Un Snap ou un R120, puisque j’ai un copain, belge aussi (Philippe Haulait), qui m’a flaté pas mal le H&E 120.  Pourquoi pas ?  Je suis quand même relativement interessé par ce moteur, sa masse est interessante, ses performances sont plus interessante que le snap.  Mais c’est surtout sur un nouveau chassis, il est en dessin en ce moment et pas tout à fait terminé Mais j’ai déjà un acquéreur dessus puisque je le fabrique en collaboration avec Alain Masse.  Ce Snapy III sera avec un moteur Snap, prochain sera certainement avec un moteur H&E et avec un chassis encore plus rationnel.
En ce qui concerne le paramoteur au gaz, pour l’instant il n’existe pas sur le marché de détendeur de propane qui serait tout à fait adéquat pour cette utilisation.  Je suis donc  à la recherche d’une pièce qui pourrait faire office de détendeur. 
L’intérêt d’une telle machine, c’est que le gaz reste beaucoup moins lourd que l’essence même à l’état liquide et théoriquement ce serait vraiment quelque chose de pertinent de faire tourner les paramoteurs au gaz. A cela vient s’ajouter l’aspect écologique, l’impacte sur la nature…
Le propane reste encore un projet un peu dans mes paniers et qui verra peut-être le jour si j’ai certaines facilités à le faire.  En ce qui concerne le paramoteur électrique, je vais t’avouer que l’on est sur une voie tout à fait intéressante mais là je ne peux pas trop t’en parler pour l’instant (Rire). Je suis désolé.
On a bien bien avancé.  Je vais chercher le prototype de moteur pour faire le montage de roulement demain soir.  On a fait déjà des premiers essais chez moi et la personne est repartie emballée.
L’erreur qu’on fait les premiers constructeurs, notamment Scaba, l’européen qui s’est installé au Canada, c’est une erreur de transmission.  Il perd énormément de puissance au niveau de son réducteur alors qu’en électrique, il est évident qu’il serait intéressant d’avoir une prise directe avec l’hélice.  Il y a des moteurs « Brushless » qui sortent en ce moment sur le marché et qui sont déjà utilisé en modélisme.  C’est tout ce que je peux te dire sur le paramoteur électrique.  Les scoop’s viendront peut-être au printemps après nos premiers vols (Rire).
Peux-tu nous donner quelques informations en avant première sur tes futurs projets ?
Je viens de t’en parler à l’instant, on ne peut évidement pas tout mener de front.  Donc, effectivement il y a un paramoteur électrique qui est en cours de construction avec une équipe de personnes tout à fait intéressantes qui sont des têtes et avec entre autre le grand spécialiste du moteur « Brushless » en France.  Voilà j’arrêterai là sur le moteur électrique (Rire).
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Snapy II - Le motorisation
Comment faire le bon choix de motorisation ?
Un Bon choix de motorisation, il est fait quand on a fait le choix de la voile.  On a une voile qui porte ou qui ne porte pas, qui a une prise en charge rapide ou pas.  A partir de là, ce qui est intéressant, c’est d’estimer la poussée dont on a besoin en fonction de la masse totale volante et de la prise en charge de la voile.
Donc dans mon cas, 54 kg de poussée était suffisant puisque j’ai une voile qui est une Eden II, voile classique qui ne fait pas partie des voiles à la mode mais qui a une prise en charge tout à fait honnête. Pour ma part, un peu plus de 90 kg tout habillé + un GMP de  21,7 kg + carburant, c’est suffisant pour décoller avec une belle pente.  Après c’est un choix entre la pente et la poussée dont on a besoin. 
Le choix de motorisation est en fin de compte une synthèse de toutes ces données.
Selon toi, quelles sont les compétences nécessaires pour se lancer dans une construction ?
Je crois qu’il faut quand même avoir de bonnes bases mécaniques. Des constructeurs amateurs, il y en a assez bien.  J’en ai vu beaucoup au travers du club Parateam.  Des bêtises, j’en ai vues énormément , des machines tout à fait instables alors que les choses étaient simples, il faut par exemple toujours mettre l’axe de poussée en dessous de l’accroche. Il faut aussi respecter quelques notions de base et surtout avoir de bonnes connaissances des réalités physiques.   A savoir que l’on se véhicule dans une atmosphère qui fait quand même 1kg/m3 et qu’il y a tout un tas de résistance à prendre en compte, tout un tas de réalité physique sans pour autant aller jusqu’à des accélérations de Coriolis .
Donc il faut déjà être constructeur dans l’âme, un peu mécanicien, bon bricoleur et à partir de là, on peut faire tout un tas de choses intéressantes.  J’ai vu aussi sur le marché des constructeurs qui ont fait des machines à mon sens dangereuse, voir absurde dans certains choix mécanique et je ne veux surtout pas faire comme eux (rire).  Il faut en parler beaucoup et surtout avoir beaucoup d’humilité devant les choses parce que si tu n’as pas d’humilité tu peux t’embarquer dans des solutions qui n’ont pas de sens. Beaucoup de gens ont cassé leur machine de construction amateur très rapidement parce que ils avaient fait des bêtises.  Mais généralement ce sont des gens qui mettent au moins 2 ans à arriver à leurs fins.

En conclusion, si on a envie de voler après sa formation, mieux vaut acheter une machine du commerce.  Ce qui n'exclu pas de faire les bons choix.
Par contre, on s'aperçoit que les plus vendues ne sont pas obligatoirement les plus saines.

Site de Pierre : http://pierrot-paramoteurs3.monsite.orange.fr

 
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